Si Camille me voyait... se présente comme un rêve, la jeunesse y jaillit sur le mode de l'état amoureux qui vous murmure que le monde vous appartient. Dans Les crabes, où le temps de l'envie et de l'insatisfaction est arrivé, on est proche du cauchemar comique... Pour savourer l'humour lunaire et le langage fantasmagorique de Roland Dubillard.
Naïves hirondelles décrit un monde absurde, à la logique imperturbable et détraquée (comme dans Les Diablogues). C'est une pièce ambitieuse, dont les grands thèmes sont l'impossibilité de communiquer, ou même de parler, la difficulté d'être, l'absence au monde. La pièce date de 1961, son titre désigne une ritournelle. L'histoire ne se laisse guère résumer : chez deux vieux garçons abouliques débarque une pauvre orpheline qui cherche du travail comme modiste. Une chapelière la protégera. La lutte avec les objets, les dialogues fantaisistes, une tarte au fromage qui n'en finit pas de cuire, un vase en porcelaine qui n'en finit pas d'être reconstitué à partir de débris (achetés parce que la vaissele cassée coûte moins cher que l'autre) sont quelques-uns des éléments qui font le comique de la pièce, et son charme mélancolique. On pense à Queneau, à Prévert, à la peinture de Magritte. Raymond Devos se souviendra de cet art exquis.
Quoi de plus difficile que d'arrêter de fumer ? Pour y arriver, le fumeur de tabac décide de noter au quotidien, dans un cahier consacré à ce sevrage, ses envies, ses rêves et ses succès, mais aussi ses doutes, ses angoisses et ses rechutes. Des pages pleines de poésie, de fantaisie, d'humour et de dérision, librement inspirées des célèbres Confessions d'un mangeur d'opium anglais de Thomas de Quincey (1821).